La genèse

Pour Robert Ghigo, propriétaire, la vigne n’est pas un métier comme un autre :
“c’est avant tout une passion !”

La sienne lui est venue il y a bientôt un demi-siècle, du côté de Saint-Antonin du Var, un petit village varois où son grand-oncle Edouard possédait son vignoble. « Je l’accompagnais dans les vignes dès que possible, tout au long des vacances d’été. C’est comme ça que j’ai pris goût à la terre. A l’époque, j’en étais convaincu, j’avais trouvé ma voie : j’allais être vigneron. »

Son vœu a été exaucé… plus de quarante ans plus tard. Entre temps, notre homme a réussi dans un tout autre secteur : celui des maisons de retraite.

« Pendant toutes ces années, j’ai cultivé une toute autre richesse que la terre : l’humanité. J’ai fait mon métier du mieux possible, sans jamais perdre mes valeurs : le respect, la rigueur, la disponibilité, l’amitié, l’écoute… Aujourd’hui, si j’ai tourné la page, toute cette expérience m’est encore précieuse. Je pense en effet qu’on ne peut faire un bon vin que si on a du respect, de l’amitié, un échange avec celui qui le boit. »

C’est d’abord à La Londe-Les-Maures …

Sur le domaine de Château Vert, à deux pas d’une Grande Bleue qu’il chérit tout autant que sa terre de Provence, que Robert Ghigo a démarré sa carrière de vigneron. « Avec Nadine, mon épouse, nous avons acquis la propriété en 2010. Depuis, Alexandre, mon fils aîné, nous y a rejoint. Nous avons travaillé le vignoble et équipé la cave de matériels modernes pour produire des crus de qualité, dignes du beau terroir londais. Et, je dois l’avouer, nous avons été vite récompensés de nos efforts, nos premiers millésimes séduisant les jurys de plus d’un concours. »
Fort de ce premier succès, animé plus que jamais par ses rêves et sa ferveur d’enfant, Robert a décidé de pousser son aventure vinicole un peu plus loin. « Je me suis mis en quête d’un second domaine, non loin du premier, mais différent par son identité. Ces critères m’ont tout naturellement porté vers la région de Pierrefeu. Comme La Londe, c’est l’un des grands terroirs provençaux. Il s’en distingue par ses sols pauvres et caillouteux et son climat plus chaud. J’ai su de suite que j’allais en tirer de beaux raisins, bien concentrés. »

Alors, quand on m’a proposé Château Peigros, j’ai immédiatement saisi ma chance. »

Cette fois encore, il ne relève pas le défi en solitaire. Il est secondé par Camille, sa cadette, fraîchement sortie d’une formation viticulture-oœnologie. « Elle a apporté à l’entreprise une vision neuve et enthousiaste. C’est à elle, par exemple, que nous devons la conversion du domaine en agriculture biologique. Et c’est ensemble que nous avons pris la décision d’agrandir le domaine en achetant de nouveaux hectares au sommet de la colline de la Règue des Botes. De cette décision vient de naître la plus belle cuvée du Château : la Croix Haute des Schistes.